Température au bureau : les recommandations de l’INRS

    Température bureau : les recommandations de l'INRS, le cadre du Code du travail et les leviers concrets pour rester dans la zone de confort thermique.

    10 juin 202612 minMaxime Bourassin
    Température au bureau : les recommandations de l'INRS

    En bref

    L'INRS situe la température au bureau dans une zone de confort de 21 à 26 degrés C selon la saison, et alerte au-delà de 30 degrés C.

    Le Code du travail (article R4223-13) ne fixe aucun seuil chiffré, mais impose une température adaptée à l'activité.

    Le confort thermique dépend de six facteurs, pas seulement de l'air : le rayonnement des parois pèse lourd sous une toiture surchauffée.

    Empêcher la chaleur d'entrer par le toit, via une toiture réfléchissante, fait gagner quelques degrés sans consommer d'énergie.

    Quand la chaleur s’installe, la question revient invariablement dans les open spaces comme dans les bureaux de direction : à partir de quel niveau fait-il trop chaud pour travailler correctement, et que dit la réglementation ? Les étés caniculaires récents ont mis cette interrogation au premier plan. Pour un employeur, le confort thermique des équipes n’est pas un simple confort d’ambiance : il conditionne la concentration, la productivité et, au-delà d’un certain seuil, la santé des salariés. Il engage aussi sa responsabilité au titre du Code du travail.

    Pour s’y retrouver, le repère le plus utile reste celui de l’Institut national de recherche et de sécurité, l’INRS, qui situe la température au bureau dans une fourchette indicative comprise entre 21 et 26 degrés C selon la saison. Cet article fait le point sur ces recommandations, sur ce que dit réellement le Code du travail, sur les facteurs qui déterminent la sensation de confort, puis sur les leviers concrets pour rester dans cette fourchette sans faire exploser la facture énergétique.

    Les températures recommandées par l’INRS au bureau

    Beaucoup de dirigeants cherchent un chiffre unique, un seuil officiel à respecter. La réalité est plus nuancée, et c’est précisément ce qui rend les repères de l’INRS précieux. L’institut ne fixe pas une norme contraignante, il propose une plage de confort fondée sur l’observation du travail réel.

    Une fourchette de confort qui suit la saison

    Pour une activité de bureau, c’est-à-dire une activité physique légère et largement sédentaire, l’INRS situe la zone de confort thermique autour de 21 à 23 degrés C en période hivernale et de 23 à 26 degrés C en période estivale.

    Cette différence saisonnière n’est pas un détail : on ne ressent pas la même chose à 24 degrés C en janvier, emmitouflé dans une tenue d’hiver, qu’au cœur d’un mois d’août en chemise légère. La fourchette de confort suit donc l’habillement et les attentes de la saison.

    Le tableau ci-dessous résume les repères avancés par l’INRS pour le travail de bureau.

    Repère INRS Activité sédentaire (bureau) Activité physique légère
    Confort en hiver 21 à 23 degrés C variable selon l’effort
    Confort en été 23 à 26 degrés C variable selon l’effort
    Seuil de vigilance au-delà de 30 degrés C au-delà de 28 degrés C
    Chauffage non requis sous 19 degrés C sous 19 degrés C

    Des seuils d’alerte au-delà du confort

    L’institut pose aussi des seuils d’alerte. Au-delà de 30 degrés C pour une activité sédentaire et de 28 degrés C pour une activité physique légère, la chaleur peut devenir un risque pour les salariés.

    Ces valeurs ne sont pas des interdictions légales, mais des repères de vigilance : une fois franchies, la baisse de vigilance, la fatigue et l’inconfort progressent rapidement. Notre dossier sur l’inconfort thermique détaille les effets concrets de ces dépassements sur les équipes et sur la qualité du travail.

    Une marge d’organisation côté chauffage

    Un point pratique mérite d’être souligné, car il revient souvent dans les arbitrages de sobriété énergétique. L’INRS rappelle qu’une entreprise peut décider de n’activer le chauffage que sous 19 degrés C, sans que cette seule mesure constitue une modification importante des conditions de travail. Cela laisse une marge d’organisation appréciable pour piloter ses consommations hivernales tout en restant dans un cadre acceptable.

    Ce que dit le Code du travail sur la température

    C’est sans doute le point qui surprend le plus les employeurs : le Code du travail ne fixe aucune température maximale au-delà de laquelle il serait dangereux ou interdit de travailler. Cette absence de seuil chiffré déroute, mais elle correspond à une logique assumée du législateur, que l’INRS confirme dans ses publications sur la réglementation.

    L’article R4223-13 : une obligation de résultat, pas un chiffre

    Le texte de référence est l’article R4223-13 du Code du travail. Il dispose que les locaux fermés affectés au travail sont, en toute saison, maintenus à une température adaptée compte tenu de l’activité des travailleurs et de l’environnement dans lequel ils évoluent.

    Aucun chiffre, donc, mais une obligation de résultat sur le caractère adapté de la température. À l’employeur de démontrer que les conditions restent acceptables au regard de l’activité réelle. Cet article a d’ailleurs été modifié par le décret n°2025-482 du 27 mai 2025, entré en vigueur le 2 juin 2025, qui réécrit en partie le cadre de prévention de la chaleur.

    Une prévention désormais indexée sur la vigilance météo

    Cette même réforme introduit une logique nouvelle, indexée sur la vigilance de Météo-France. Depuis le 1er juillet 2025, de nouvelles mesures de prévention s’appliquent en fonction des niveaux de vigilance jaune, orange et rouge, ce qui oblige l’entreprise à réévaluer son plan d’action au fil des épisodes plutôt que de s’en tenir à des consignes figées.

    Pour comprendre l’articulation complète de ces obligations, notre analyse de la température maximale au travail et notre guide sur la chaleur au travail décrivent précisément ce que l’employeur doit désormais documenter.

    La chaleur, un facteur de pénibilité

    Enfin, la chaleur subie a une dimension de pénibilité trop souvent ignorée. Un salarié exposé plus de 900 heures par an à une température d’au moins 30 degrés C peut acquérir des droits au titre du compte professionnel de prévention, au titre du facteur températures extrêmes. Pour un bureau exposé plein sud sous une toiture mal protégée, ce seuil n’a rien de théorique sur un été chargé.

    Confort thermique : six facteurs, pas seulement la température

    Réduire le confort thermique au seul thermomètre est une erreur courante. Deux personnes assises côte à côte dans la même pièce à 24 degrés C peuvent ressentir l’une un confort parfait, l’autre une gêne réelle. La science du confort thermique explique pourquoi, et la norme internationale ISO 7730 en donne le cadre rigoureux.

    Les indices PMV et PPD

    Cette norme formalise l’évaluation du confort en ambiance modérée à travers deux indices, le PMV et le PPD. Le PMV, ou vote moyen prévisible, estime la sensation thermique moyenne d’un groupe sur une échelle allant du froid au chaud. Le PPD, ou pourcentage prévisible d’insatisfaits, en déduit la part de personnes susceptibles de juger l’ambiance inconfortable.

    L’intérêt de cette approche est d’accepter qu’il n’existe pas de température qui satisfasse tout le monde : on cherche à minimiser l’insatisfaction, pas à atteindre un impossible consensus.

    Les six paramètres du confort

    Surtout, ces indices reposent sur six paramètres, et la température de l’air n’en est qu’un. Le tableau ci-dessous distingue les facteurs liés à l’ambiance de ceux propres à l’occupant.

    Facteur Nature Ce qu’il décrit
    Température de l’air Ambiance La valeur lue au thermomètre
    Température de rayonnement des parois Ambiance La chaleur émise par les murs, sols et plafonds
    Vitesse de l’air Ambiance Le mouvement d’air autour des personnes
    Humidité Ambiance Le taux d’humidité de l’air
    Métabolisme Occupant La chaleur produite par l’activité physique
    Isolation vestimentaire Occupant L’effet thermique de la tenue portée

    La température de rayonnement est particulièrement parlante dans un bureau : un plafond ou un mur chaud, parce qu’il se trouve sous une toiture surchauffée, rayonne vers les occupants une chaleur que le thermomètre d’ambiance ne capte pas toujours. On peut ainsi afficher 25 degrés C d’air et ressentir nettement plus chaud à cause des surfaces environnantes.

    L’inconfort thermique local

    La norme couvre aussi l’inconfort thermique local, qui dégrade la qualité perçue même quand la moyenne semble correcte. Plusieurs sources de gêne ponctuelles entrent alors en jeu :

    • les courants d’air ;
    • l’asymétrie de rayonnement entre une paroi froide et un plafond chaud ;
    • l’écart de température entre la tête et les chevilles ;
    • un sol trop froid ou trop chaud.

    Cette grille de lecture est précieuse, car elle montre qu’agir uniquement sur la climatisation ne résout pas tout. Maîtriser le rayonnement des parois, en particulier celui qui descend du toit, traite une cause souvent négligée de l’inconfort.

    Concilier confort thermique et sobriété énergétique

    Atteindre la fourchette recommandée par l’INRS serait simple si l’on disposait d’une climatisation sans limite. Mais dans un contexte de maîtrise des consommations, faire tourner des groupes froids en continu tout l’été n’est ni soutenable financièrement ni cohérent avec les objectifs de sobriété qui pèsent sur les bâtiments tertiaires.

    Pour les sites concernés, cette tension rejoint d’ailleurs les exigences du décret tertiaire et le cadre posé par la loi ELAN et le décret tertiaire, qui imposent de réduire la consommation sans dégrader les conditions de travail.

    Empêcher la chaleur d’entrer plutôt que la combattre

    La vraie question devient alors : comment rester dans la zone de confort tout en consommant moins ? La réponse la plus durable consiste à empêcher la chaleur d’entrer plutôt qu’à la combattre une fois qu’elle est dans les bureaux.

    Dans un bâtiment de faible hauteur, la toiture est la surface la plus exposée au soleil et la principale voie d’entrée de la chaleur estivale. Une grande partie du rayonnement absorbé par le toit se transmet ensuite vers les volumes de travail, alourdit la température de rayonnement des parois et fait grimper le besoin de refroidissement.

    Le cool roof, une toiture qui renvoie le soleil

    C’est là qu’intervient une méthode qui se diffuse en France depuis plusieurs années, le cool roof, ou toiture réfléchissante. Le principe est de traiter le toit pour qu’il renvoie la plus grande part du rayonnement solaire au lieu de l’absorber.

    Concrètement, un applicateur professionnel pose sur la toiture un revêtement clair à haute réflectance solaire. Le toit reste plus frais, donc le bâtiment aussi, et ce sans consommer la moindre énergie une fois le revêtement appliqué. La grandeur physique qui gouverne cet effet est la réflectance solaire, parfois appelée albédo, et elle se mesure de façon normalisée grâce à l’indice SRI. Pour situer cette approche face aux solutions d’imperméabilisation classiques, notre comparatif étanchéité vs cool roof détaille les différences.

    Ce que mesurent les études sur les toitures réfléchissantes

    Les données de terrain confirment la pertinence de l’approche. Les travaux du Heat Island Group du Lawrence Berkeley National Laboratory montrent qu’une toiture blanche propre réfléchissant 80 % du rayonnement solaire reste environ 31 degrés C plus froide qu’une toiture grise qui n’en réfléchit que 20 %. Même une teinte cool plus discrète, réfléchissant 35 % du rayonnement, reste environ 12 degrés C plus froide qu’une toiture classique de même couleur réfléchissant seulement 10 %.

    Le bénéfice ne reste pas théorique. Sur des bâtiments instrumentés en Californie et en Floride, ces toitures réfléchissantes ont réduit la consommation de climatisation de 10 à 50 % selon les cas.

    Ce constat se retrouve à plus large échelle. Une revue scientifique multi-régions publiée par Rawat et Singh dans la revue Energy and Built Environment précise ces ordres de grandeur sur l’ensemble des zones climatiques. Les économies d’énergie associées à un cool roof y sont chiffrées entre 15 et 35,7 %, pour une baisse de la température de surface de toiture comprise entre 1,4 et 4,7 degrés C selon le climat.

    Cette même revue indique que la plage de réflectance la plus efficace se situe entre 0,6 et 0,7, et rappelle une limite honnête : en climat froid, la technique perd de son intérêt, avec un retour sur investissement long de l’ordre de six à sept ans. Pour un site français exposé aux étés chauds, en revanche, le rapport entre l’effort et le résultat est nettement favorable.

    Quelques degrés gagnés sous le toit

    Ces gains s’expriment d’abord sous le toit. Sur un bâtiment de bureaux non climatisé ou faiblement refroidi, abaisser franchement la température de surface de la toiture se traduit par quelques degrés gagnés à l’intérieur pendant les heures les plus dures, ce qui suffit souvent à repasser sous le seuil d’inconfort signalé par l’INRS. Sur un site climatisé, le même traitement réduit la sollicitation des groupes froids et, donc, la consommation. Pour les bâtiments industriels et les grands volumes tertiaires, notre guide pour rafraîchir un bâtiment industriel compare ces approches sans détour, et la chaleur au bureau fait l’objet d’un dossier dédié à la productivité.

    Mettre en place une démarche cohérente

    Pour un employeur, la marche à suivre se construit à deux horizons complémentaires.

    À court terme : les leviers organisationnels

    À court terme, des leviers organisationnels et des équipements d’appoint répondent à l’urgence :

    • adapter les horaires aux heures fraîches ;
    • multiplier les pauses dans des zones tempérées ;
    • assurer l’accès à de l’eau fraîche ;
    • déployer brasseurs d’air et stores extérieurs.

    Ces mesures sont utiles et attendues par la réglementation, mais elles restent par nature temporaires et dépendantes de la discipline collective.

    À moyen terme : traiter l’enveloppe du bâtiment

    À moyen terme, traiter l’enveloppe du bâtiment, et en premier lieu la toiture, attaque la cause de la surchauffe et inscrit la démarche dans la durée. Une toiture réfléchissante agit chaque jour d’ensoleillement, sans intervention humaine ni consommation électrique, et son effet se vérifie par la mesure de la réflectance.

    C’est aussi une réponse que l’employeur peut documenter dans son document unique d’évaluation des risques, en cohérence avec l’obligation de maintenir une température adaptée posée par l’article R4223-13 et avec les nouvelles exigences de prévention de la chaleur.

    La réponse Covalba

    Chez Covalba, c’est exactement la logique de nos revêtements à haute réflectance. Le CovaTherm 8/20, revêtement polyuréthane réfléchissant doté d’un indice SRI élevé, convient aux toitures de sites tertiaires et de gros bureaux, tandis que le CovaMetal 20 cible les toitures bac acier en combinant protection anticorrosion et réflectance. Selon la configuration du bâtiment, un gain réaliste de plusieurs degrés sous toiture améliore le confort ressenti et allège la facture de refroidissement, sans promesse exagérée. Un diagnostic gratuit permet d’estimer le potentiel propre à votre site avant toute décision, une estimation des économies chiffre le retour attendu, et notre page transparence tarifaire éclaire le budget d’un tel chantier. Selon le projet, le dispositif de la prime CEE peut en outre alléger une partie de l’investissement. L’ensemble de nos ressources reste accessible depuis le blog.

    En reliant les repères de confort de l’INRS, la logique d’obligation de moyens du Code du travail et la physique du confort thermique, une conclusion s’impose : rester dans la bonne fourchette de température ne tient pas qu’au réglage de la climatisation. Cela commence par empêcher la chaleur d’entrer. La toiture réfléchissante apparaît alors comme un investissement cohérent, qui sert à la fois le confort des équipes, la conformité réglementaire et la sobriété énergétique du bâtiment.

    Bibliographie

    Sources

    1. Institut national de recherche et de sécurité (INRS). (s. d.). Confort thermique dans les bureaux et sobriété énergétique. INRS. Consulté le 9 juin 2026, à l'adresse Lien
    2. Institut national de recherche et de sécurité (INRS). (s. d.). Travail à la chaleur. Réglementation. INRS. Consulté le 9 juin 2026, à l'adresse Lien
    3. Légifrance. (2025, 27 mai). Article R4223-13 du Code du travail (modifié par le décret n°2025-482 du 27 mai 2025). République française. Consulté le 9 juin 2026, à l'adresse Lien
    4. International Organization for Standardization (ISO). (2005). ISO 7730:2005. Ergonomics of the thermal environment. Analytical determination and interpretation of thermal comfort using calculation of the PMV and PPD indices and local thermal comfort criteria. ISO Lien
    5. Lawrence Berkeley National Laboratory, Heat Island Group. (s. d.). Cool roofs. LBNL. Consulté le 9 juin 2026, à l'adresse Lien
    6. Rawat, M., & Singh, R. N. (2022). A study on the comparative review of cool roof thermal performance in various regions. Energy and Built Environment, 3, 327-347 Lien
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