Prime CEE isolation toiture : travaux éligibles et conditions de financement
Prime CEE isolation toiture : travaux éligibles, seuils de résistance thermique et conditions précises à respecter pour financer vos combles et rampants.

Dans cet article
Sommaire
7 parties
En bref
La prime CEE isolation toiture finance combles perdus, rampants et isolation par l'extérieur via les fiches standardisées BAR-EN-101 et BAT-EN-101.
Seuils de résistance thermique : 7 m².K/W en comble perdu résidentiel, 6 m².K/W en rampant et dans le tertiaire.
La demande doit être engagée avant la signature du devis, avec un professionnel qualifié RGE.
Un revêtement réfléchissant complète l'isolation en traitant le rayonnement solaire estival, hors champ de l'isolation seule.
L’isolation de la toiture reste le levier le plus rentable pour réduire la facture énergétique d’un bâtiment, qu’il soit résidentiel ou tertiaire. Le dispositif des certificats d’économies d’énergie, plus connu sous le nom de prime CEE, permet de financer une partie de ces travaux à condition de respecter des critères techniques précis. Pour un responsable de site industriel, un directeur immobilier ou un gestionnaire de patrimoine tertiaire, comprendre le fonctionnement de cette aide évite de passer à côté d’un financement substantiel et garantit que les travaux engagés répondent bien aux exigences réglementaires.
Cet article détaille le cadre du dispositif, les travaux d’isolation de toiture et de combles réellement éligibles, les seuils de performance thermique à respecter, les conditions administratives incontournables et les pièges à éviter. Il fait aussi le lien avec une approche complémentaire à l’isolation classique : le traitement réfléchissant de la surface de toiture, qui agit sur un poste que l’isolation seule ne couvre pas, le rayonnement solaire estival.
Comprendre la prime CEE pour l’isolation de la toiture et des combles
Ce qu’est réellement le dispositif des certificats d’économies d’énergie
Le dispositif des certificats d’économies d’énergie repose sur un principe simple. L’État impose aux fournisseurs d’énergie une obligation de résultat : ils doivent prouver qu’ils ont contribué à des économies d’énergie réelles chez les consommateurs. Ces acteurs, appelés les obligés, atteignent cet objectif en finançant des travaux de rénovation chez les particuliers et les entreprises. Chaque opération réalisée génère des certificats, exprimés en kilowattheures cumac, que l’obligé collecte et présente à l’administration pour justifier qu’il a rempli son quota.
Pour le maître d’ouvrage, ce mécanisme se traduit par une prime, une remise ou une participation financière au chantier. En contrepartie, l’opération doit correspondre à une fiche standardisée publiée par l’État, qui décrit précisément le geste de rénovation, les performances minimales attendues et les conditions à respecter. Si vous souhaitez approfondir la logique globale de ce dispositif, notre article dédié au dispositif des certificats d’économies d’énergie en détaille les rouages, tout comme la page consacrée à la prime CEE pour les bâtiments tertiaires.
L’isolation de la toiture fait partie des opérations les plus courantes parce qu’elle figure parmi les gestes les plus efficaces pour réduire durablement une consommation. Le raisonnement de l’obligé est mécanique : plus le geste génère d’économies certifiées, plus il a de valeur. Or peu de travaux génèrent autant d’économies qu’une bonne isolation de combles ou de rampants de toiture.
Pourquoi l’isolation de la toiture est la priorité numéro un
Les données de référence de l’agence de la transition écologique sont sans appel. Dans une maison non isolée, la toiture représente le premier poste de déperdition de chaleur. Le tableau ci-dessous hiérarchise les principaux postes de pertes thermiques d’un logement non isolé.
| Poste de déperdition | Part des pertes thermiques |
|---|---|
| Toiture | 25 à 30 pour cent |
| Renouvellement d’air et fuites parasites | 20 à 25 pour cent |
| Murs | proportion équivalente à l’air |
| Fenêtres | 10 à 15 pour cent |
| Planchers bas | 7 à 10 pour cent |
| Ponts thermiques | 5 à 10 pour cent |
Cette répartition montre que le toit concentre à lui seul près du tiers des pertes, loin devant les autres parois. C’est ce poids qui justifie d’en faire la priorité absolue d’un programme de rénovation.
Cette hiérarchie explique pourquoi l’État et les obligés concentrent leurs efforts sur la toiture. Traiter en premier le poste le plus déperditif maximise le rapport entre l’investissement consenti et les économies obtenues. Pour un bâtiment industriel ou un entrepôt à grande surface de couverture, l’effet de levier est encore plus marqué que pour une maison individuelle, car la surface de toiture exposée y est proportionnellement immense. C’est exactement la logique que nous développons dans notre guide sur la réduction de la consommation énergétique des bâtiments.
Au-delà de l’aspect financier, réduire les déperditions par le toit améliore le confort thermique en hiver et limite les émissions de gaz à effet de serre liées au chauffage. Pour comprendre précisément comment se mesurent ces pertes, notre dossier sur les déperditions thermiques d’un bâtiment apporte un éclairage méthodologique utile avant de lancer un chantier.
Distinguer la prime CEE des autres aides à la rénovation
Il est fréquent de confondre la prime CEE avec d’autres dispositifs publics. La distinction est pourtant essentielle, car elle conditionne la stratégie de financement. La prime CEE est financée par les fournisseurs d’énergie eux-mêmes, dans le cadre de leur obligation légale. Elle ne dépend pas du budget de l’État au sens strict et fonctionne sur la base des fiches d’opérations standardisées.
Le dispositif coup de pouce, qui bonifiait certaines opérations prioritaires, a évolué au fil des années et ne doit pas être confondu avec le socle classique des CEE. D’autres aides publiques, gérées par l’agence nationale de l’habitat, reposent sur des critères de revenus et financent un éventail large de rénovations. Ces différentes aides restent souvent cumulables entre elles, ce qui permet d’optimiser le plan de financement d’un projet d’isolation performant. Pour les professionnels et les entreprises, le panorama des aides à la transition énergétique et le détail des aides CEE disponibles constituent des points d’entrée utiles. Les sociétés du secteur trouveront aussi des informations spécifiques dans notre article sur la prime CEE pour les entreprises.
La principale ligne de partage tient à la source du financement et au mécanisme. Les CEE proviennent des obligés et reposent sur la certification d’économies. Les autres aides proviennent de fonds publics et reposent sur l’éligibilité du ménage ou de l’organisation. Bien comprendre cette différence permet d’articuler les dispositifs sans risque de doublon ou d’incompatibilité.
Quels travaux d’isolation de toiture sont éligibles à la prime CEE
La prime CEE ne s’applique pas à n’importe quelle intervention sur la toiture. L’opération doit correspondre à une fiche standardisée et respecter des seuils de résistance thermique précis. Pour le secteur résidentiel, c’est la fiche dédiée à la mise en place d’un procédé d’isolation thermique en comble perdu ou en rampant de toiture qui s’applique. Pour le secteur tertiaire, une fiche équivalente encadre les bâtiments non résidentiels. Ces deux référentiels définissent les conditions d’éligibilité que nous détaillons ci-dessous.
L’isolation des combles perdus
Les combles perdus désignent les volumes situés sous la toiture qui ne sont pas aménagés ni habitables. Leur isolation est l’opération la plus fréquente parce qu’elle est techniquement simple et très efficace. Plusieurs techniques de pose coexistent selon la configuration du chantier :
- le soufflage, qui projette un isolant en flocons comme la laine minérale ou la ouate de cellulose de façon homogène sur toute la surface du plancher, épouse les irrégularités et limite les ponts thermiques ;
- la pose de rouleaux déroulés, adaptée aux surfaces planes et dégagées ;
- l’isolant en vrac réparti manuellement, possible sur des configurations spécifiques.
Le soufflage reste la méthode de référence sur les grandes surfaces grâce à sa continuité, mais le choix final dépend toujours de l’accessibilité et de la géométrie des combles à traiter.
Le critère déterminant pour l’éligibilité à la prime CEE concerne la résistance thermique de l’isolant posé. Pour un plancher de comble perdu dans le résidentiel, la résistance thermique de l’isolant nouvellement mis en œuvre doit être supérieure ou égale à 7 mètres carrés kelvin par watt. Ce seuil garantit une isolation réellement performante et durable. Il s’agit d’une exigence non négociable : un isolant qui n’atteint pas cette valeur ne donne pas droit à la prime, quelle que soit la qualité de la pose.
Un point souvent mal compris mérite d’être souligné. La résistance thermique de l’isolation déjà présente avant les travaux n’est jamais déduite ni prise en compte. Seule compte la résistance thermique de l’isolant que vous installez. Autrement dit, on évalue le geste de rénovation pour lui-même, indépendamment de l’état initial de la toiture. Cette règle facilite l’éligibilité des chantiers de surisolation, où l’on vient renforcer une isolation existante insuffisante.
Pour choisir le matériau adapté, notre comparatif du meilleur isolant thermique pour toiture et notre guide sur l’isolation écologique aident à arbitrer entre performance, coût et impact environnemental.
L’isolation des rampants de toiture
Les rampants de toiture correspondent aux pans inclinés de la couverture, sous lesquels se trouvent des combles aménagés ou habitables. L’isolation se réalise alors par l’intérieur, entre et sous les chevrons, ou par l’extérieur selon la configuration. Cette opération convient aux espaces sous pente que l’on souhaite rendre confortables et exploitables.
Le seuil de résistance thermique exigé pour les rampants de toiture est légèrement inférieur à celui des combles perdus. Dans le résidentiel, la résistance thermique de l’isolant posé doit être supérieure ou égale à 6 mètres carrés kelvin par watt pour ouvrir droit à la prime. Cette différence s’explique par les contraintes d’épaisseur disponibles sous une toiture en pente, où l’espace est plus limité qu’au-dessus d’un plancher de combles perdus.
Les matériaux employés pour les rampants vont de la laine minérale aux panneaux isolants rigides, en passant par les isolants biosourcés. Une mise en œuvre soignée intègre toujours un pare-vapeur disposé côté chaud, afin d’éviter la migration de l’humidité dans la paroi et la condensation au sein de l’isolant. Une isolation de rampants mal ventilée ou dépourvue de pare-vapeur peut générer des pathologies durables sur la charpente. Le choix entre une configuration de toiture chaude ou froide influence directement cette gestion de l’humidité, un sujet que nous traitons dans notre article sur la toiture chaude ou froide.
L’isolation par l’extérieur et la méthode sarking
L’isolation par l’extérieur consiste à poser l’isolant sur la face externe de la toiture, sous la couverture. La technique du sarking, qui place un complexe isolant continu au-dessus de la charpente, en est l’illustration la plus connue pour les toitures en pente. Cette approche présente l’avantage de supprimer les ponts thermiques au niveau de la charpente et de préserver le volume habitable intérieur, puisqu’on n’empiète pas sur les combles.
L’isolation par l’extérieur peut être éligible à la prime CEE dès lors qu’elle respecte les seuils de résistance thermique applicables au rampant de toiture. Elle est particulièrement pertinente lors d’une rénovation de couverture, car on profite de la dépose de l’ancienne toiture pour traiter l’isolation en une seule intervention. Sur des bâtiments à toiture-terrasse ou à faible pente, les logiques diffèrent et se rapprochent davantage des problématiques d’étanchéité que nous abordons dans notre dossier sur la membrane d’étanchéité.
Normes de mesure de la résistance thermique
Un détail technique mérite l’attention des décideurs avertis. La résistance thermique qui sert à vérifier l’éligibilité n’est pas déclarée librement par l’installateur : elle doit être évaluée selon des normes de mesure précises. Pour les isolants non réfléchissants, les méthodes de référence relèvent des normes européennes harmonisées dédiées à la conductivité thermique des matériaux. Pour les isolants minces réfléchissants, c’est une norme spécifique qui s’applique, prenant en compte les particularités de ces produits.
Cette exigence normative protège le maître d’ouvrage. Elle garantit que la performance annoncée correspond à une valeur mesurée selon une méthode reconnue, et non à une donnée marketing. Avant d’accepter un devis, il est prudent de vérifier que la résistance thermique du produit proposé est bien certifiée selon ces référentiels. Notre article sur les isolants minces réfléchissants et celui sur la mesure de la conductivité thermique approfondissent ces aspects de métrologie.
Le cas spécifique des bâtiments tertiaires et industriels
La fiche dédiée au secteur tertiaire
Les bâtiments non résidentiels, c’est-à-dire les locaux tertiaires, industriels, logistiques ou commerciaux, relèvent d’une fiche d’opération différente de celle du résidentiel. Pour l’isolation de combles ou de toitures dans le tertiaire, le seuil de résistance thermique exigé est fixé à 6 mètres carrés kelvin par watt, que l’on intervienne sur un plancher de comble perdu ou sur un rampant de toiture. Le bâtiment doit par ailleurs exister depuis plus de deux ans à la date d’engagement de l’opération, condition que l’on retrouve également dans le résidentiel.
Cette distinction est capitale pour un gestionnaire de patrimoine industriel. Le seuil unique de 6 mètres carrés kelvin par watt dans le tertiaire simplifie l’analyse par rapport au résidentiel, qui distingue combles perdus et rampants. Pour autant, les enjeux de surface sont sans commune mesure : un entrepôt de plusieurs milliers de mètres carrés génère un volume de certificats considérable, ce qui pèse fortement dans le plan de financement d’une rénovation. Nos pages sectorielles consacrées à l’industrie et au tertiaire et gros bureaux détaillent ces logiques propres aux grandes surfaces de couverture.
Articulation avec les obligations du décret tertiaire
Pour les exploitants de bâtiments tertiaires, la prime CEE ne se conçoit pas isolément. Elle s’inscrit dans un cadre réglementaire plus large, marqué notamment par le décret tertiaire, qui impose des trajectoires de réduction de consommation énergétique. Engager des travaux d’isolation de toiture financés par les CEE permet à la fois de capter une aide et de progresser vers les objectifs réglementaires. Cette double logique, financière et réglementaire, est au cœur de la décision d’investissement.
Notre dossier sur le décret tertiaire et celui sur les primes CEE pour l’industrie montrent comment articuler ces dispositifs. La page dédiée à la performance énergétique en industrie complète cette vision stratégique, en reliant l’isolation aux autres leviers d’efficacité disponibles sur un site de production.
Les conditions administratives à respecter impérativement
Le calendrier de la demande
La règle la plus importante, et celle qui fait échouer le plus de dossiers, concerne le calendrier. La demande de prime CEE doit être engagée avant la signature du devis et avant le début des travaux. Cette antériorité est une condition de validité absolue. Un chantier déjà signé ou commencé ne peut plus, en principe, bénéficier de la prime, car l’incitation est réputée ne pas avoir joué son rôle de déclencheur.
Concrètement, le parcours type consiste à identifier l’opération éligible, à obtenir une offre de prime auprès d’un obligé ou de son mandataire, puis seulement après à signer le devis avec l’installateur. Cette chronologie doit être respectée à la lettre. Toute inversion expose à un rejet du dossier et à la perte du financement.
Le recours à un professionnel qualifié
Les travaux doivent être réalisés par un professionnel disposant de la qualification reconnue garant de l’environnement. Cette certification atteste que l’entreprise dispose des compétences requises pour réaliser des travaux de rénovation énergétique conformes. Recourir à un professionnel non qualifié rend l’opération inéligible, même si les performances techniques sont par ailleurs atteintes. Le lien entre cette qualification et le dispositif CEE est détaillé dans nos articles sur le sigle RGE dans les primes énergétiques et sur le lien entre RGE et CEE.
Le bâtiment et son ancienneté
L’opération vise les bâtiments existants. Le logement résidentiel doit exister depuis plus de deux ans à la date d’engagement de l’opération, et la même condition s’applique au tertiaire. Les constructions neuves, déjà soumises à des exigences thermiques réglementaires élevées, n’entrent pas dans le périmètre du dispositif CEE pour ce type d’isolation. Cette logique est cohérente : le dispositif vise à corriger le parc existant, là où les gisements d’économies sont les plus importants.
L’évolution réglementaire du cadre CEE pour la toiture
Le cadre réglementaire qui encadre les primes CEE pour la toiture n’est pas figé. Il repose sur des arrêtés ministériels qui créent, modifient et abrogent périodiquement les fiches d’opérations standardisées. Un arrêté de septembre 2023 a ainsi révisé les fiches applicables à l’isolation de combles et de toitures, avec une entrée en vigueur des versions révisées pour les opérations engagées à compter du premier janvier 2024.
Ces fiches ont une durée de vie limitée et programmée. La fiche résidentielle relative à l’isolation de combles perdus ou de rampants de toiture est prévue pour être abrogée à compter du premier mai 2027. Cette échéance n’est pas anodine pour qui planifie des travaux à moyen terme. Elle signifie que les conditions actuelles, notamment les seuils de résistance thermique, pourraient évoluer au-delà de cette date. Un maître d’ouvrage qui envisage un chantier d’isolation a donc intérêt à vérifier la version en vigueur de la fiche au moment précis de l’engagement de son opération.
Cette dimension réglementaire mouvante est une raison supplémentaire de s’appuyer sur des interlocuteurs à jour des évolutions. Notre article sur la fiche BAT et notre dossier sur le kWh cumac aident à comprendre la mécanique de valorisation qui sous-tend ces fiches et les certificats qu’elles génèrent.
Au-delà de l’isolation : traiter le rayonnement solaire de la toiture
Une limite de l’isolation classique en été
L’isolation thermique de la toiture est conçue pour freiner les transferts de chaleur, dans les deux sens. Elle est extrêmement efficace pour conserver la chaleur en hiver. En été, elle ralentit l’entrée de la chaleur, mais elle ne traite pas la cause première de la surchauffe : le rayonnement solaire absorbé par la surface de la couverture. Une toiture sombre exposée au soleil peut atteindre des températures de surface très élevées, et cette chaleur finit par pénétrer dans le bâtiment malgré l’isolation, par conduction lente puis par rayonnement vers l’intérieur.
C’est une limite structurelle de l’isolation seule. Elle agit comme un frein, pas comme un bouclier. Pour les bâtiments industriels et tertiaires à grande surface de toiture, où la climatisation représente un poste de consommation majeur en été, cette limite a un coût réel. La question du confort thermique en entreprise et celle de l’isolation d’un bâtiment industriel prennent ici tout leur sens.
Le principe d’une toiture à haute réflectance solaire
Une approche complémentaire consiste à agir directement sur la quantité d’énergie solaire absorbée par la toiture. C’est le principe du cool roof, ou toiture réfléchissante. En augmentant la réflectance solaire de la surface, on renvoie une part importante du rayonnement incident plutôt que de le laisser chauffer la couverture. La surface reste plus fraîche, et la chaleur transmise à l’intérieur diminue d’autant.
Les données scientifiques sur ce mécanisme sont robustes. Des travaux publiés dans une revue scientifique à comité de lecture ont mesuré qu’un revêtement réfléchissant abaisse la température de surface d’une tuile béton d’environ 10 degrés en plein ensoleillement. Dans un logement non climatisé, cette même réduction se traduit par une baisse de la température intérieure maximale comprise entre 1 et 3 degrés selon le climat et le niveau d’isolation. L’effet est d’autant plus marqué que le bâtiment est mal ou peu isolé, ce qui fait du cool roof un complément particulièrement pertinent sur le parc existant.
Pour comprendre la physique sous-jacente, notre article sur l’albédo et celui sur l’indice de réflectivité solaire expliquent comment se quantifie cette capacité à renvoyer le rayonnement. Le lien entre la couleur de la toiture et la chaleur absorbée illustre concrètement le phénomène.
Un bénéfice annuel favorable et des charges de climatisation réduites
La crainte légitime face à une toiture réfléchissante est qu’elle pénalise le chauffage en hiver, puisqu’elle renvoie aussi le rayonnement solaire pendant la saison froide. Les mesures montrent que ce bilan reste largement favorable. La pénalité de chauffage hivernal est nettement inférieure à la réduction des charges de refroidissement estivales. Autrement dit, ce que l’on perd un peu en hiver est très largement compensé par ce que l’on économise en été, surtout dans les climats chauds et tempérés.
Les ordres de grandeur sont significatifs. Selon les études de référence, l’augmentation de la réflectance d’une toiture réduit les charges de climatisation dans une fourchette qui va de 10 à 40 pour cent dans les bâtiments modérément isolés, et abaisse la pointe de demande de climatisation de l’ordre de 11 à 27 pour cent. Une agence environnementale de référence confirme cet ordre de grandeur, avec une réduction de la demande de pointe de climatisation comprise entre 11 et 27 pour cent dans les bâtiments résidentiels climatisés. Au-delà du bâtiment lui-même, ces toitures contribuent à atténuer l’effet d’îlot de chaleur urbain, un enjeu croissant dans les zones d’activité densément bâties.
La complémentarité avec l’isolation et la solution Covalba
Il ne s’agit pas d’opposer isolation et toiture réfléchissante, mais de les penser ensemble. L’isolation traite la conduction et protège en hiver. Le revêtement réfléchissant traite le rayonnement et protège en été. Combinées, les deux approches couvrent l’ensemble du cycle annuel et offrent un confort thermique stable tout en réduisant les consommations de chauffage et de climatisation.
C’est précisément la logique des revêtements réfléchissants que nous appliquons. Notre solution CovaTherm est un revêtement réfléchissant conçu pour les toitures industrielles et tertiaires, qui agit sur le poste estival là où l’isolation classique atteint ses limites. Selon la configuration du bâtiment, l’exposition et le climat, ce type de traitement contribue à une réduction des besoins de climatisation pouvant représenter de l’ordre de 10 à 15 pour cent de la consommation associée, sans travaux lourds de dépose de couverture. Pour évaluer le potentiel sur votre propre site, notre diagnostic gratuit et notre outil d’estimation des économies permettent de chiffrer l’opportunité de manière concrète.
Cette approche réfléchissante est par ailleurs pertinente sur de nombreux types de couverture, des toitures bac acier aux toitures plates, pour lesquelles l’isolation par l’intérieur n’est pas toujours réalisable ou suffisante.
Synthèse et conseils pratiques
La prime CEE constitue un levier de financement majeur pour l’isolation de la toiture, à condition de respecter une discipline rigoureuse. Trois exigences structurent toute opération réussie :
- un seuil de résistance thermique adapté au type d’opération et au secteur ;
- le recours à un professionnel qualifié reconnu garant de l’environnement ;
- le respect scrupuleux du calendrier, avec une demande engagée avant la signature du devis.
Le seuil de résistance thermique étant l’exigence la plus technique, le tableau ci-dessous récapitule les valeurs minimales à atteindre selon le type d’opération et le secteur concerné.
| Type d’opération | Secteur | Résistance thermique minimale |
|---|---|---|
| Comble perdu | Résidentiel | 7 mètres carrés kelvin par watt |
| Rampant de toiture | Résidentiel | 6 mètres carrés kelvin par watt |
| Comble perdu ou rampant | Tertiaire | 6 mètres carrés kelvin par watt |
Ces valeurs sont des planchers réglementaires : un isolant qui ne les atteint pas n’ouvre aucun droit à la prime, quelle que soit la qualité de la mise en œuvre.
Les décideurs avisés iront plus loin que la seule conformité administrative. Ils vérifieront la version en vigueur de la fiche d’opération au moment de leur projet, anticiperont l’échéance réglementaire de 2027, et surtout penseront la performance thermique de manière globale. Isoler protège du froid et freine la chaleur. Traiter la surface de toiture par un revêtement réfléchissant complète le dispositif en attaquant le rayonnement solaire estival, poste que l’isolation seule ne couvre pas. C’est dans cette combinaison que se trouve l’optimum technique et économique pour un bâtiment industriel ou tertiaire exposé aux contraintes thermiques de l’été comme de l’hiver.
Pour aller plus loin sur le montage financier, notre dossier sur le montant des primes CEE et celui sur le calcul de la prime énergie apportent les éléments méthodologiques nécessaires pour bâtir un plan de financement solide.
Sources
- Arrêté du 15 septembre 2023 modifiant et créant des fiches d'opérations standardisées d'économies d'énergie dans le cadre du dispositif des certificats d'économies d'énergie (NOR : ENER2325207A). (2023). Journal officiel de la République française, n° 0227 du 30 septembre 2023 Lien
- ADEME. (2023). Comment isoler sa maison ? (Guide pratique). Agence de la transition écologique Lien
- Ministère de la Transition écologique. (2024). Certificats d'économies d'énergie. Opération n° BAR-EN-101 : Isolation de combles ou de toitures (version A54-5, à compter du 01-01-2024). République française Lien
- Ministère de la Transition écologique. (2024). Certificats d'économies d'énergie. Opération n° BAT-EN-101 : Isolation de combles ou de toitures (secteur tertiaire). République française Lien
- Santamouris, M. (2014). Cooling the cities. A review of reflective and green roof mitigation technologies to fight heat island and improve comfort in urban environments. Solar Energy, 103, 682-703 Lien
- Synnefa, A., Santamouris, M., & Akbari, H. (2007). Estimating the effect of using cool coatings on energy loads and thermal comfort in residential buildings in various climatic conditions. Energy and Buildings, 39(11), 1167-1174 Lien
- U.S. Environmental Protection Agency. (n.d.). Using cool roofs to reduce heat islands. EPA Heat Island Effect Lien
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